Les Vipères et la baguette de virginité
IV.

Firesprem était particulièrement en forme ce soir là et de voir ses amis, les Vipères pleines d’énergie, l’avait ragaillardit. Il avait envie que ce concert ne soit pas comme les autres et il s’y attellerait. 
Les Vipères, presque au complet, caquetaient autour d’une table en attendant le début du concert. Devant eux, il y avait un litre de bière belge ramené par Puttygirl et une carafe d’eau que L’homoover avait transformé en vodka. Chacun buvait s’en se soucier de la quantité. Régulièrement, ils allaient faire un tour aux toilettes pour se repoudrer le nez et revenir l’air de rien, les sinus pleins. L’ambiance était décontractée et les spectateurs attentifs.

Firesperm fit son entrée sur scène dans un jeu d’ombre et de lumière. Les premières notes de son claviers captivèrent l’attention du public. Il commença en douceur, à chanter une douce mélopée aux accents de trip hop où il  était question de châteaux dans le ciel. Bientôt, le public allait découvrir que tout pouvait être sensuel, même les cendriers débordants de mégots, de cendres et de crasses en tout genre. Ovaria se prit d'affection pour un chewing-gum collé sous sa table et Pantysoiler se mit à caresser le genou d'un septuagénaire décrépit qui se laissa faire sans moufeter. Celui-ci se dit qu'il avait bien fait de fuguer de la maison de retraite où il croupissait, entouré de vieilles biques défraichies. Ce concert lui fit retrouver la mémoire, qu'il avait perdu dans un couloir, et il décida alors qu'il était temps maintenant de vivre une deuxième vieillesse. Il fallait rattraper le temps perdu et essayer toutes les drogues qu'il trouverait. Ce qu'il fit, dans les toilettes, pendant la performance de Firesperm.

Au fur et à mesure du concert, apparurent des petits Sylvains un peu partout. Ces petits êtres inoffensifs se mirent à lécher tout ce qui était à leur portée ; même le cochon d'inde d'Ovaria, qui n'en demandait pas tant, en roucoula de plaisir.

Des ondes cosmiques s'élevèrent du synthé magique de Firesperm vers le ciel étoilé. Comme des tentacules ondoyantes, elles pénétrèrent l'atmosphère, dépassèrent la terre et se propagèrent à la vitesse de la lumière dans l'espace et le temps. Traversant les galaxies sans s'arrêter, elles étaient comme attirées par un endroit précis de l'univers : la planète Sexua 1485B où dormait FraiseVinyl entourée de ses lémuriens favoris. Elle rêvait profondément et dans son rêve plein de latex, FraiseVinyl sentit une vibration douce et tendre lui caresser le creux poplité de la jambe gauche. La vibration se répandit jusqu'à ce que son corps entier entre en phase avec elle. C'était un appel sensuel qui venait d'ailleurs. La sensation se faisait de plus en plus intense jusqu'au point où elle fût obligée de se réveiller d'un seul coup en plein orgasme. Les petits lémuriens continuèrent à dormir sans se soucier des états émotionnels de la jeune fille. Ni une ni deux, elle se vêtit de ses  plus beaux talons hauts (15 cm) et couru, aussi vite qu'elle le put, vers son rouge vaisseau spatial en forme de cœur. Elle programma le vol pour la source du signal qu'elle recevait, sans réfléchir au fait qu'elle quittait sa planète pour une durée indéterminée.

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